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16.08.2020 - 15:27

L'accord Israël-Emirats va "tuer" la solution à deux Etats

L'accord de normalisation des relations entre Israël et les Emirats Arabes Unis va "tuer" la solution à deux Etats, "renforcer les extrémistes" et ainsi éloigner la possibilité d'une paix israélo-palestinienne, estime le négociateur des Palestiniens Saëb Erekat.

De l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, au pouvoir en Cisjordanie, aux islamistes du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza, l'ensemble de la classe politique palestinienne a fustigé l'accord de normalisation des relations entre Israël et les Emirats arabes unis, jugé historique par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Selon les Palestiniens, cet accord, réalisé sous le parrainage de Washington, anéantit la solution à deux Etats, c'est-à-dire une future Palestine viable aux côtés de l'Etat hébreu. Une résolution du conflit israélo-palestinien est considérée par beaucoup comme un préalable à la paix entre Israël et le monde arabe, et musulman.

Extrémistes renforcés

"Je crois sincèrement que cette étape (accord Israël/Emirats) va tuer la solution à deux Etats et vous savez pourquoi? Parce que pourquoi Netanyahu discuterait même de solution à deux Etats s'il pense que les pays arabes vont faire la file pour faire la paix avec lui", a déclaré M. Erekat lors d'une visioconférence avec des journalistes de la presse étrangère.

"Des gens comme Netanyahu et des extrémistes en Israël pensent donc que la solution à deux Etats n'est plus sur la table, et des extrémistes dans mon propre camp me disent: 'nous te l'avions dit depuis le tout début, la solution à deux Etats n'est pas sur la table'", a ajouté M. Erekat.

Sauver le plan Trump

Résultat, "cela renforce les extrémistes israéliens (...) et les extrémistes de notre côté", a-t-il poursuivi, qualifiant l'accord de "tentative désespérée" des Etats-Unis de sauver le plan Trump pour le Proche-Orient.

Le plan Trump prévoyait notamment la normalisation des relations entre Israël et des pays du Golfe, comme Bahreïn, les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite, ainsi que l'annexion par l'Etat hébreu de pans de la Cisjordanie occupée.

Réunions d'urgence demandées

Les Palestiniens ont appelé à l'organisation de réunions d'urgence de la Ligue Arabe et de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) pour dénoncer l'accord de normalisation, mais n'ont eu aucun retour jusqu'à présent, a indiqué M. Erekat.

Il a également ajouté avoir écrit à l'Arabie saoudite et Bahreïn pour leur demander de faire pression sur les Emirats pour annuler l'accord.

"J'ai reçu une réponse du ministre saoudien des Affaires étrangères m'assurant de nouveau que la position de l'Arabie saoudite est en faveur d'un accord de paix complet et pour la solution à deux Etats" tandis que Bahreïn "n'a pas encore répondu".

Entretien téléphonique

Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a pour a part eu un entretien téléphonique dimanche avec son homologue israélien pour marquer le début des liaisons téléphoniques directes entre les deux pays.

"Cheikh Abdallah ben Zayed Al-Nahyane et son excellence Gabi Ashkénazi ont inauguré les liaisons téléphoniques directes entre les Émirats arabes unis et Israël", a indiqué sur Twitter Hind Manei al-Otaiba, directrice de la communication stratégique au ministère des Affaires étrangères des Émirats.

"J'ai parlé aujourd'hui avec le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Cheikh Abdallah Ben Zayed. Nous avons décidé ensemble de la mise en place d'un canal de communication directe avant la signature de l'accord de normalisation entre les deux pays et nous avons décidé de nous rencontrer prochainement", a également tweeté dimanche M. Ashkénazi.

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