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12.08.2020 - 17:00

Le Grand Raid et ses héros (3/5): Alexandre Moos, deux victoires aux antipodes l’une de l’autre

Durant tout l’été, Rhône FM vous propose une série hebdomadaire dédiée au sport. Cette semaine, focus sur les performances notables du Grand Raid.

 

Troisième épisode de notre série consacrée aux grandes performances de l’histoire du Grand Raid. Aujourd’hui, focus sur un local de l’étape, Alexandre Moos, vainqueur à deux reprises de l’épreuve.

 

Le Miégeois a levé à deux reprises les bras vers le ciel de Grimentz en signe de victoire. La première en 2009, signant alors le record du parcours. La seconde trois ans plus tard, alors qu’il en était à ses derniers coups de pédales. Deux victoires, certes, mais aussi deux scénarios complètement différents. «La première fois, j’avais réalisé le record, ça avait montré du panache, je voulais remporter une fois ce Grand Raid et je l’ai fait. Après, la deuxième, c’était ma dernière saison, je voulais absolument la gagner pour finir en beauté! Durant toute la saison, je ne pensais qu’à la victoire sur cette course et ça s’est finalement joué pour quelques secondes. Il y a eu cette crevaison dans la dernière descente, un mano à mano tout le long du parcours avec Urs Huber et, au final, cette saison et cette carrière qui se terminent de la meilleure des façons.»

 

«Je savais que j’allais crever»

 

En 2012, Alexandre Moos est donc passé par tous les états d’âme avant de valider son succès avec 19 petites secondes d’avance sur l’Argovien Urs Huber. Un écart minime, notamment donc à cause d’une crevaison, à laquelle le Valaisan dit avoir été parfaitement préparé. «Je sortais d’une saison absolument extraordinaire, où j’avais pratiquement tout gagné mais comme je l’ai dit, je ne pensais qu’au Grand Raid. J’avais un pressentiment que j’allais crever dans cette descente, je le savais, je m’étais bien préparé mentalement à ce que ça arrive. Quand j’ai effectivement crevé, je savais parfaitement comment je devais gérer la chose. On a commencé par mettre un liquide anti-crevaison, malheureusement ça n’a pas bien tenu et j’ai donc finalement changé de roue dans la zone technique où m’attendait mon mécanicien. Au moment de repartir, je me suis aperçu qu’Urs Huber était deux virages au-dessus de moi et il a donc fallu contrôler le final jusqu’à la ligne d’arrivée.»

 

Alex Moos en action sur son VTT

Alexandre Moos aimait rouler en Valais

 

Ces deux victoires sur le Grand Raid sont venues confirmer une constante : Alexandre Moos aime rouler sur les routes valaisannes, comme il l’avait prouvé durant son parcours sur route. «J’avais gagné une étape du Tour de Suisse à Verbier, une étape du Tour de Romandie à Morgins avec le maillot jaune, ce qui me manquait finalement c’était le Grand Raid. J’ai toujours été très motivé à rouler «à la maison», ça me donnait une force incroyable qui me poussait à me surpasser.»

 

Cyclisme sur route et VTT : deux disciplines bien différentes

 

Se surpasser, Alexandre Moos avait déjà l’habitude de le faire en tant que cycliste sur route. Une discipline bien différente du VTT. «Que ce soit au niveau musculaire, de l’alimentation ou de la technique de pilotage, tout change d’une discipline à l’autre. Sur un marathon comme l’est le Grand Raid, l’effort est linéaire sur cinq, six heures alors que sur la route, le rythme peut changer à plusieurs reprises durant la même course. J’ai mis un certain temps à m’adapter au VTT. D’abord musculairement donc puisqu’on est très souvent debout sur les pédales pour amortir les chocs mais aussi au niveau de l’alimentation. Je pensais qu’on s’alimenterait comme un cycliste sur route, que l’on pourrait consommer des aliments solides alors que ce n’est pas le cas. Déjà parce qu’on a moins le temps de lâcher les mains du guidon et également car notre estomac supporte moins en raison des chocs ressentis.»

 

«Je vous garantis que ce n’est pas simple»

 

Au moment d’évoquer le Grand Raid, cette course qui lui tient particulièrement à cœur, Alexandre Moos ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour ceux qui, au contraire de lui, n’ont pas eu la chance de la remporter. «Il y a beaucoup de grands champions qui sont venus et que ne l’ont pas remporté. Mais bon, vous savez, je peux vous garantir que ce n’est pas si simple de gagner.» Pas si simple mais Alexandre Moos l’a fait deux fois. De quoi nouer une relation particulière avec le Grand Raid.

 

Retrouvez les deux premiers épisodes de cette série

Isabella Crettenand-Moretti, la même année que Sierre-Zinal

Pascal Corti, le premier Valaisan sacré sur le parcours roi


Christophe Moreillon

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