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11.08.2020 - 08:22

Les joueurs du HC Sierre pédalent à 3'000 mètres d’altitude

Alors que le flou règne toujours autour de la tenue, ou non, de la saison 2020/2021 de Swiss League, les joueurs du HC Sierre ont troqué ces derniers jours la glace de Graben pour des vélos dans une salle particulière, du côté de la clinique romande de réadaptation (CRR) à Sion.

 

Imaginez-vous enchaîner plusieurs séries de sprints sur un vélo, durant 45 minutes, à une altitude de 3'000 mètres. Un exercice d’apparence compliqué, auquel se sont pourtant soumis les hockeyeurs sierrois ces derniers jours. Mais pour ce faire, les protégés de Dany Gélinas n’ont pas eu à gravir les sommets. Ils avaient rendez-vous du côté de Sion, à la clinique romande de réadaptation pour y découvrir une technique d’entraînement dite «en hypoxie». Arnaud Rapillard, spécialiste en sciences du sport à la CRR, explique ce processus particulier: «Quand on parle d’hypoxie, on parle d’altitude simulée que l’on obtient en réduisant la quantité d’oxygène dans la pièce. Avec les joueurs du HC Sierre, on est par exemple partis sur une altitude de 3'000 mètres, on a fait un entraînement de sprints répétés en hypoxie. Les séances durent 45 minutes et durant celles-ci, on fait des blocs de six sprints courts, de sept secondes, avec une récupération de 13 secondes entre chacun d’eux.»

 

Être décisifs en 2ème partie de match

 

Multiplier les efforts dans de telles conditions est forcément très difficile. Mais cela doit permettre au HC Sierre d’être au top dans les moments clés des rencontres à l’avenir, comme en témoigne Arnaud Rapillard: «Cela permet aux joueurs d’améliorer leur capacité à enchaîner les sprints et donc, une fois sur la glace, ils devraient être capables de fournir davantage et d’être vraiment décisifs en deuxième partie de match, lorsque la fatigue commence à s’installer dans le camp adverse.»

 

«Ca va leur donner un avantage»

 

Peut-on donc légitimement imaginer un HC Sierre faire mal à ses adversaires dans le money-time des rencontres à l’avenir ? Arnaud Rapillard en semble en tous cas persuadé: «Les effets ont déjà été démontrés, on sait que ça va leur donner un avantage. Ca fait en tous cas partie des manières innovantes d’entraînement, savoir s’adapter musculairement parlant va les rendre davantage décisifs dans le futur.»

 

Six semaines pour un maximum d’effet

 

Mais pour que cette méthode de travail porte véritablement ses fruits, il faut évidemment reproduire plusieurs fois ce genre d’efforts. Arnaud Rapillard le dit tout de même : les effets peuvent se ressentir assez rapidement. «Au bout de quelques séances en hypoxie, on voit déjà une indéniable amélioration. Un bon bloc de travail c’est deux séances par semaine durant deux à trois semaines. Six séances permettent selon moi déjà d’avoir un maximum d’effet.»

 

Bientôt les footballeurs?

 

Ces tests ne sont bien sûr pas uniquement réservés aux hockeyeurs et leur apport ne peut qu’être bénéfique à n’importe quel sportif. «Ca déjà été fait par des cyclistes ou des gens qui font du cyclo-cross. On sait que sur ce genre d’efforts intermittents, on a vraiment une très bonne réponse du corps en très peu de temps donc ça vaut vraiment la peine de le faire. Moi je verrais bien ce genre d’entraînements être aussi pratiqués par des footballeurs qui, on le sait, effectuent également des efforts intermittents durant les rencontres», conclut Arnaud Rapillard.

 

«Ce n’est vraiment pas évident»

 

Arrivé cet été au HC Sierre, le très expérimenté Thibaut Monnet, 38 ans, a découvert cette méthode d’entraînement innovante. Et il reconnaît à quel point multiplier les sprints dans de telles conditions s’avère périlleux: «Physiquement, ce n’est vraiment pas évident. Même si les sprints ne durent que sept secondes, c’est difficile de tenir. Mais bon, je suis convaincu que ça ne peut qu’être bénéfique pour notre futur. Personnellement, j’avais déjà fait de l’hypoxie mais plutôt pour la rééducation donc ce n’était pas si difficile. Mais encore une fois, si ça peut nous permettre de tenir plus facilement les 60 minutes d’un match, c’est tout ce qui importe.»

 

Alors pour savoir si ces séances particulières permettront aux Sierrois de se montrer plus performants sur la glace, rendez-vous dès la reprise de Swiss League. Une reprise dont les contours devraient s’éclaircir dès demain et les décisions attendues de la part du Conseil Fédéral.


Christophe Moreillon

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