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06.08.2020 - 16:33

Toujours trop d'eau propre dans les STEP valaisannes

L'épuration des eaux usées valaisannes a été globalement satisfaisante l'an dernier. Deux défis restent à l'ordre du jour: la réduction du taux d'eau propre dans l'eau sale, un objectif fixé par le canton que les communes tentent d'atteindre depuis des années, et une meilleure élimination des micropolluants, un but soutenu par la Confédération.

 

Environ la moitié des eaux usées envoyées dans les stations d'épuration municipales viennent de fontaines, de sources, de drainage, de pluies, de fonte des neiges, communique jeudi l'Etat du Valais qui publie son rapport annuel 2019 des STEP valaisannes. Ces eaux claires surchargent inutilement les STEP, diminuent le rendement des installations et augmentent les coûts d'exploitation. "La Loi fédérale sur la protection des eaux de 1991 demande que les canalisations d'eaux usées et d'eaux propres soient séparées, indique à Keystone-ATS Christine Genolet-Leubin, cheffe du Service de l’environnement valaisan. Ce changement suppose de rouvrir les routes et d'ajouter un réseau ou de les filtrer. Des travaux coûteux que la topographie du canton ne rend pas plus faciles", ajoute-t-elle. Consciente de cette difficulté, la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL), dont fait partie le Valais, a fixé, il y a plusieurs années déjà, l'objectif d'atteindre une proportion de 30% d'eau propre dans l'eau sale. À fin 2019, la majorité des communes avaient élaboré à cet effet un plan général d'évacuation des eaux (PGEE), selon le communiqué du canton. Pour 16% d'entre elles, cette planification est encore en cours.

 

Micropolluants dans le collimateur

 

Les micropolluants, résidus de composés chimiques tels que médicaments, détergents, cosmétiques, pesticides qui peuvent avoir des effets néfastes dans les eaux même à faible concentration, sont l'autre grand cheval de bataille. D'ici 2040, la Confédération veut réduire de 50% les rejets de micropolluants et compte financer à 75% l'équipement d'une étape de traitement supplémentaire de plus de 120 stations du pays, note la cheffe du Service de l’environnement. En Valais, ce sont les sites de Briglina-Brig, Sierre-Noës, Sion-Châteauneuf, Martigny et Monthey-Cimo qui sont concernés. Pour l'heure, les STEP ne parviennent à éliminer que 16% de ces substances. Outre ces deux aspects à améliorer, l'Etat du Valais tire un bilan plutôt satisfaisant de l'épuration des eaux pour tous les paramètres analysés. Seuls les rejets de phosphore font exception, en particulier dans la région de Viège où des efforts doivent encore être réalisés. D'autres dépassements, localement constatés, sont principalement liés à la vétusté des canalisations d’évacuation et des installations de traitement des eaux usées.

 

245 millions d’investissements

 

"Au cours des dix prochaines années, les grandes stations d'épuration du Valais seront entièrement rénovées. Les communes prévoient des investissements d'environ 245 millions", note encore le canton qui avance ce chiffre en se basant sur les projets et les demandes de subventions qui lui ont été présentés. Ce financement devrait être assuré au moyen de taxes basées sur le principe du pollueur-payeur. "La commune doit avoir les moyens de couvrir les frais de fonctionnement et les investissements de ses installations", détaille Christine Genolet-Leubin. Le canton participera à hauteur de 50 millions. Au cours des dix dernières années, ce sont 92 millions de francs (dont 28 millions de subventions cantonales) qui ont été investis.


ATS

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